
ORIGINE
Beaucoup des grands tissus qui composaient traditionnellement le linge de maison, comme les couvre-lits ou les dessus-de-lit, étaient divisés en carrés brodés de motifs à grande échelle. Cela était dû au fait que les grands couvre-lits nécessitaient l’assemblage de trois rouleaux de toile différents, pour lesquels étaient utilisés des coutures simples ou de laborieux entre-deux de jours à fils tirés ou au crochet.
Sans pouvoir déterminer avec certitude leur origine, il est possible de parler d’une unité dans leur élaboration matérielle. Il faut remarquer, d’une part, la présence d’une composition végétale d’origine arabe qui place les animaux au centre, la présence de palmettes, de lotus et de tulipes, des animaux avec collier, l’abondance de points qui divisent les éléments, un axe de symétrie et le style mauresque ; et, d’autre part, l’absence de figures humaines et de motifs géométriques.
SYMBOLIQUE
La signification symbolique des éléments iconographiques de la région est peu connue. Cependant, il est possible de rechercher l’origine des motifs dans les cultures égyptienne, assyrienne ou ibérique, auxquelles se seraient ajoutées des influences postérieures.
De nos jours, l’interprétation symbolique de cette multitude d’êtres et d’animaux est perdue. Ils ont été brodés par amour de la tradition, influencés par la créativité des brodeuses, bien que leur véritable intention reste un mystère.
Toutefois, certains éléments qui font partie du dessin ont une signification claire : à l’intérieur des animaux, se trouve généralement un cœur, symbole de la vie, et au niveau de la gorge, un collier qui sépare le corps de la tête, représentant la mort de l’animal (une influence clairement mudéjare). Parfois, le collier et le cœur apparaissent sur le même animal, reflétant la perte de la symbolique autrefois attribuée à ces éléments par les normes culturelles du moment.
Contrairement à d’autres types de broderies populaires, celle-ci est difficile à apprendre en raison du grand nombre de points et de motifs différents. L’apprentissage est difficilement autodidacte et doit suivre la méthode ancestrale d’enseignement des artisanats : la méthode de l’apprenti suivant une école.